Attention, contenu sensible : Cet article parle de trouble de l’alimentation. Il peut vous perturber si vous en souffrez. À la fin de cet article, trouver des ressources disponibles pour obtenir de l’aide.

Il n’y a pas si longtemps (en mars dernier) dans un pays pas si magique (la France) vivait une fille sans rien de spécial (moi). Vous vous demandez probablement pourquoi je choisis de commencer cette histoire comme si j’écrivais un conte de fées ? Il n’y a peut-être pas de Prince ou de dragon à tuer, mais c’est quand même une quête de l’amour (de soi), une bataille épique et une fin heureuse.

D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours senti à l’aise avec mon poids et mon corps. Enfant, j’étais fine, j’ai grandi vite et je suis devenue une “grande fille” très tôt… Je mesure 1m80, du coup les gens ne se focalisent pas sur mon poids et ils n’ont jamais remarqué quand je prenais 1 ou 2 kilos. Je peux dire que la génétique a été tendre avec moi et, par conséquent, je n’ai jamais ressenti le besoin de faire de l’exercice. Pour dire vrai, je détestais même ça. Quand ma meilleure amie Sonia a eu mon filleul Mahé il y a dix ans maintenant (Waouh c’est vrai ce qu’on dit : « Le temps passe vite ! »), elle a prit du poids pendant sa grossesse et a décidé de s’inscrire dans une salle de gym pour rependre son corps en main. Je suis une si bonne amie 😉 que j’ai accepté de m’inscrire aussi pour l’aider et lui tenir compagnie. Et bien sûr, même si nous avions payé pour une année entière, nous ne sommes allés à « L’endroit de toutes les tortures » aka la salle de sport que 10 fois tout au plus ! Je me suis promis à ce moment-là que je ne paierai plus jamais pour une adhésion à un club de fitness !

En 2016, j’ai décidé d’arrêter de fumer et je ne l’ai pas remarqué au début, mais j’ai commencé à prendre du poids. Mon excellent métabolisme que j’avais maltraité toute ma vingtaine a commencé à se fatiguer, mes muscles et ma peau se sont retournés contre moi. Au lieu d’être intelligente et tout simplement prêter un peu plus d’attention à ce que je mangeais et de faire de l’exercice, j’ai commencé un régime. Quelle terrible idée ! Je suis devenue obsédée par mon image, mon poids et mon corps. J’ai commencé à compter mes calories, me pesant tous les jours, supprimant certains aliments de mon alimentation et quand je sentais que j’avais fait un excès parce que j’avais mangé beaucoup de sucre ou trop gras, je me laissais mourir de faim pendant des jours ! Par exemple je mangeais de bon cœur une raclette en famille le dimanche, et je ne mangeais plus rien jusqu’au mercredi ou jeudi. On se faisait un Mac Do en amoureux ou un apéro et je n’avalais plus que de l’eau les jours suivants prétextant à mon ex lorsqu’il mangeait en rentrant le soir que j’avais trop mangé à midi ou mangé avant qu’il arrive car j’avais trop faim pour l’attendre! (La bonne blague !) Bref, en société j’étais l’image de la fille en bonne santé, qui aime manger et ne se prive pas… Je n’en ai jamais parlé à personne parce que j’avais honte de mon comportement. J’avais lu tous les articles sur le Body Positive, les dangers de l’anorexie ou de la boulimie, et pourtant j’ai maltraité mon corps. Quand je me regardais dans un miroir, je détestais ce que j’y voyais. J’avais l’impression d’être trop grosse (je ne l’étais pas !), mes hanches étaient trop larges (faux!), mon cul était flasque (non!), mes cuisses énormes (stop!)… C’est ce qu’on appelle la dismorphophobie, c’est une maladie et il est difficile de vivre avec ! Pendant quatre ans, j’ai vécu avec une haine vicieuse de mon propre corps, cachant ma névrose et mon mauvais comportement à ma famille et à mes amis, ne me regardant jamais trop longtemps dans un miroir, me cachant des balances… J’ai pris énormément de poids parce qu’après des jours de privation, je pouvais manger tout le contenu de mon réfrigérateur en 2 heures ! Après ça, je me sentais nauséeuse, mais je n’arrivais pas à me faire vomir… Ce qui me mettait encore plus en colère « Si au moins je pouvais vomir, je me sentirais mieux ! » je m’imaginais la boulimie comme une solution! Une fois que j’ai même menti à un pharmacien pour obtenir une ordonnance de laxatifs. Je crois avoir réussis à berner tout le monde, et moins les gens voyaient mon problème, plus mon comportement devenait dangereux. En 2018, j’ai rompu avec mon copain dans des circonstances difficiles et je suis entrée dans une phase de dépression qui a failli me briser. Alors j’ai mangé (et j’ai bu !) pour me sentir mieux, pour compenser la perte d’affection, d’amour, de sexe, de l’avenir que j’avais imaginé…J’ai littéralement “ravalé” mes sentiments !  Même quand j’ai déménagé pour recommencer à zéro, j’étais encore très déprimée, j’étais encore aux prises avec mes troubles alimentaires et je réussissais à le cacher à tous le monde. Mes troubles alimentaires en réalité sont la surface d’un problème plus profond: l’anxiété et la dépression dont je souffre depuis l’adolescence, mais cela fera l’objet d’un autre article prochainement car le sujet de la santé mentale n’est pas à prendre à la légère.

Au printemps dernier, la crise du Covid a forcé des millions de Français à rester chez eux en confinement… Ne travaillant pas, n’étant pas en mesure de voir mes proches, j’ai vu deux chemins s’ouvrir devant moi : je pouvais rester sur la route de la destruction sur laquelle j’étais déjà bien engagé et où j’aurais sans doute finit par me blesser ou je pouvais trouver quelque chose de nouveau ! J’ai choisi la deuxième option, parce que face à cette crise sanitaire, à tous ces morts je me suis rendue compte que si je n’avais pas le contrôle sur l’avenir du monde, rien ne m’empêchait d’essayer d’améliorer le mien. Alors j’ai commencé à faire de l’exercice, après des recherches j’ai trouvé une application sur l’App Store appelé 7 minutes Workout Women (elle est gratuite et toujours disponible, vous devriez la tester !). Le concept est facile « Faire 7 minutes d’exercices par jour c’est toujours mieux que pas du tout ! » Je posterai un article détaillé sur ma découverte du fitness et ma transformation physique, mais permettez-moi de résumé : j’ai commencé avec 7 minutes par jour, senti le besoin de plus donc je suis montée jusqu’à 10/15 minutes, puis 30, puis 45 minutes … Je l’ai fait à ma façon, si je ne voulais pas faire d’exercices pendant un jour, je n’en faisais tout simplement pas. Pas de pression, musique à fond, j’ai fait en sorte que ça reste amusant. J’y ai vraiment pris goût, je dirais même que j’ai commencé à m’éclater. Il y a eu des jours difficiles bien sûr ou je n’avais envie de rien à part de m’empiffrer de junk food, mais j’ai continué ma route. Et subtilement, une autre chose s’est mise à changer : mon rapport à l’alimentation. Après avoir bien transpiré, j’avais faim et j’ai commencé à manger sans compter les calories dans mon assiette. Et je ne me sentais pas coupable parce que je sentais que mon corps en avait besoin pour continuer le sport. C’était petits pas après petits pas, mais j’ai rapidement senti le changement. Tout d’abord mon état d’esprit. J’ai commencé à me sentir plus confiante, plus heureuse, plus légère … Et un jour, j’ai pris le temps de me regarder dans le miroir et ce que j’ai vu m’a laissé sans voix. Mon corps commençait à changer tellement que j’ai ressenti un énorme soulagement et je me suis mise à pleurer. Des larmes de bonheur : j’avais trouvé un moyen de reprendre confiance en moi et de m’aimer à nouveau. Je ne sais pas comment l’expliquer clairement parce c’est très personnel et fort, mais le temps que j’ai passé seule m’a donné la claque dont j’avais besoin. Maintenant, je fais de l’exercice tous les jours à la maison, j’ai même commencé à courir, et j’adore ça. Cela fait 10 mois et je sais que je ne retournerai pas en arrière : découvrir le sport m’a aidé avec ma dépression, ma dismorphophobie et m’a donné un sentiment d’amour de soi que je n’aurais jamais cru possible.

Maintenant, quand je me regarde dans le miroir, je ne vois pas la beauté, la forme ou le poids, je vois la force physique et mentale ! Quand je regarde dans mon assiette je vois la nourriture de manière positive, j’ai retrouvé l’amour de la gastronomie , de la bonne bouffe et si j’ai pris un ou deux kilos durant les fêtes, je ne retourne pas à mes vieux démons. Je ne suis pas guérie ou à l’abri, mais je continue de progresser.

Croyez-moi, c’est un long voyage, mais nous méritons tous de nous aimer inconditionnellement, et nous devons toujours nous rappeler que notre corps est le vaisseau qui nous permet de traverser toutes nos tempêtes. Nous sommes notre propre sauveur, nous sommes assez fort pour affronter nos batailles et les gagner, nous pouvons faire de notre vie ce que nous souhaitons et vivre heureux pour toujours, à condition de le vouloir vraiment et d’être prêt à travailler pour cela ! Et si prendre votre vie en main et devenir la meilleure version de vous même c’est pas le meilleur conte de fées qui soit, je sais pas ce qu’il vous faut ? 😉

Marion

Ressources :

Dans cet article, je choisis de ne pas me référer à mon poids en termes de chiffres parce que je suis tellement plus qu’un nombre sur une balance. C’est une leçon que j’ai appris avec l’aide d’une communauté en ligne étonnante « I Weight » crée par l’actrice Jameela Jamil. Visitez leur page Instagram @Iweight.

Disponible sur l’app store: 7 minutes workout

Si vous souffrez de troubles alimentaires, vous n’êtes pas seul (e), n’ayait pas honte ou peur de demander de l’aide, et cette ligne est pour vous:

Ligne d’aide anonyme : « Anorexie boulimie info écoute » au 0810 037 037 (prix d’un appel local).

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Caution, reader discretion advised: This piece talks about eating disorder. It might be triggering if you are suffering from it. At the end of this article, find resources available to get some help. 

 Not too long ago (last march) in a country not so magical (France) lived a girl with nothing special (me). You are probably wondering why do I choose to start this story as if was writing a fairy tale? There might not be a Prince or a dragon to slay, but this is still an epic story about (self) love, battle and a happy-ending.

For as long as I can remember, I have always felt comfortable with my weight and the shape of my body. As a kid I was skinny, I grew up fast and became a tall girl early on… I measured 1m80 so people never focus on my weight and they never noticed when I gained 1 or 2 kilos along the way. I can say that genetics was kind to me and, as a result, I never felt the need to exercise. In total fairness, I even hated it. When my best friend had my godson ten years ago now (Wahoo that’s true what they say: “time flies!”) she gained weight during her pregnancy and decide to enrol in a gym to start working out. I’m such a great friend that I agree to enrol as well to help her and keep her company. And of course even though we payed for a whole year we went to “the torture place” 10 times top! I decided here and then that I will never again pay for a membership in a fitness club! So the next time I enrol I let my ex pay for my subscription because I wanted to keep that promise! J

But in 2016 I decided to quit smoking and I didn’t noticed it at first but I started getting weight. My trusty metabolism was getting tired and my muscles and my skin turned against me. Instead of being careful, pay more attention to what I was eating and exercise, I started a diet. Boy, what a terrible idea! I started counting my calories, weighing myself every day, cutting some aliments off of my diet and when I felt I was falling off the wagon because I eat to many sugar I let myself starved for days (eating the strict necessary to keep the appearance of a healthy lifestyle in front of people)! Once I even lie to a pharmacist to get a prescription of laxatives I never told anybody about that because I was ashamed of my behaviour. I had read all the articles about body positivity, the danger of anorexia or bulimia, and yet I treat my body poorly. When I looked in a mirror, I hated what I saw. I felt like I was too big (I was not!), my hips were too large, my ass to flaccid, my thighs enormous… This is called dismorphophobia, it is a disease and it is hard to live with it! For four years, I lived with a vicious hatred of my own body, hiding my neurosis and bad behaviour from my family and friends, never looking at myself too long in a mirror, hiding from scales… And I continued to gain weight because after days of starving myself I could binge eat the entire contents of my fridge in 2 hours! After it I felt nauseous but I could never make myself seek … Witch only made me angrier “If at least I could vomit I would feel better!” but I could never do it! In 2018, I broke up with my boyfriend in terrible circumstances and entered a stage if depression that nearly broke me. So I eat (and drink!) to feel better, to compensate for the loss of affection, of love, of sex, of the future I had envisioned…  I literally ate my feelings! Even when I moved away to start over, I was still very depressed, I was still struggling with eating disorder and still hiding it from every one!

Last spring the Covid crise forced millions on French people to stay home under lock down… Not working, not being able to see my loved ones, I saw two paths I could take during this time: I could stay on the road of self-hatred and eventually ending up hurting myself or I could find something new! I chose the second option because in the face of all the death and lost the world was suffering, I realise I could not control the future of our world but I sure as hell could control mine. So I start working out, I found an app on the Apple app store called 7 minutes Workout Women (it’s free and still available you should check it !). The concept is easy “Working out for 7 minutes a day is still better than no workout at all!” I will soon post a detailed article about my journey through fitness but let me sum up here : I started with 7 minutes a day, felt the need for more so I get up to 10/15 minutes, then 30, then 45 minutes… I did it on my own terms I didn’t want to exercise for one day I simply did not. No pressure, music blasting, I kept it fun! I started looking forward to my next training. Dare I say it?  I started loving it! Another thing started changing slowly: my relation towards food. After a good sweat, I felt hungry and eat without counting the calories on my plate. I didn’t feel guilty about eating because I needed the fuel of food to keep exercising. It was baby steps but I soon start to feel the change. First in my mind. I started feeling more confident, happier, lighter … And one day I took the time to look me in the mirror and what I saw left me speechless. My body was starting to change so much I felt a huge relief and cry. Happy tears because I had found a way to take care of myself without forcing anything. I don’t know how to explain it clearly because it is so personal and raw, but the time I spend alone gave me the breakthrough   I searched for. Now I exercise every day at home, I even start running, and I love it. It’s been 10 month and I know now I will never go back : working out helped me with my depression, my dismorphophobia and get me a sense of self love I never thought possible.

 Now, when I look myself in the mirror I don’t see beauty, shape or weight I see strength physical and mental! I am not cured or out of the woods yet but I keep making progress. Believe me it’s a long journey but we all deserve to love ourselves unconditionally, and we need to always remember that our body is the vessel that allow us to sustain all of our storms. You are your own saviour, you are strong enough to fight your battles and win and you can make your life a fairy tale and live happily ever after, as long as you are ready to work for it!

Resources:

In this article, I choose to not refer to my weight in terms of numbers because I Am so much more than a number, that is a lesson I’m still learning with the help of an amazing online community “I weight” started by the actress Jameela Jamil. Visit their Instagram page @Iweight.

If you suffer from eating disorder disease this line is for you:

Anonymous help line : “Anorexie boulimie info écoute” au 0810 037 037

Marion

Marion

Bienvenue sur le blog lifestyle optimiste "De vous à Ma".
Moi c'est MArion, 32 ans, je vis à Grenoble, je suis hôtesse d'accueil depuis bientôt 3 ans et j'adore mon job. Je partage mon quotidien avec Indi (mon chien) et Kuka (ma chatte). #thesinglelife
Je me passionne pour le fitness, le yoga, la lecture et l'écriture, le make-up, le skin care, la musique, les fringues, et les séries télé entre autre.

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JACQUES BRIVIO
JACQUES BRIVIO
3 mois il y a

Un article qui ouvre sur d’importants questionnements d’ordre existentiel : la liberté, la relation à l’autre et à soi, le développement personnel, la culture, le lâcher-prise,, la responsabilité, l’ouverture à la vie, etc… Il y a déjà là matière à une livre !
Bon, pour bien faire, je vais le relire ; car comme tous, je pense, je découvre… Une Marion avec des facettes, des pans de caractère, des doutes, des sensibilités, des forces, des certitudes… qui m’étaient, pour la plupart, inconnus. Le tout avec en toile de fond derrière une âme emplie de curiosité, la grande quête de l’Amour… Oh ! Pas un petit amour pour soi et un autre ; non ! Un sentiment beaucoup plus vaste donné à tous, sans limite… Un sentiment d’unité dans le partage.
Tu as éveillé notre curiosité ! Tu vas devoir développer Marion !

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