Si je vous disais que j’ai 32 ans, que je suis mariée, que j’ai deux enfants et que j’ai un bon emploi, vous auriez sans doute une vision positive de ma vie, n’est ce pas? Et si maintenant je vous disais que j’ai 32 ans, un travail et que je suis célibataire et sans enfant, vous vous demanderiez sans doute ce qui cloche chez moi, non ?

Nous aimerions peut-être penser que la société a évolué, que le point de vue sur la vie des femmes a changé, mais permettez-moi de vous dire quelque chose : Ce n’est pas le cas ! Nous (et par « nous » je veux dire la société !) vivons encore au début des années 20 et on s’attend à ce que les femmes se comportent d’une certaine manière. Avant de creuser un peu plus sur le sujet permettez-moi de commencer par vous dire que toutes les choses que nous attendons des femmes, c’est des conneries ! La société veut que nous soyons intelligentes, belles, des mères dévouées, des partenaires impliquées, toujours plus sexy, amusantes et bien sûr, éternellement jeunes ! Cependant, la société ne nous laisse pas définir notre propre version de ces mots et ça, ça me fais c*** (“Marion calme toi sur les gros mots, tu as des lecteurs !”) ! Cet article repose sur ma vie quotidienne et il est un témoignage de la façon dont les choix de vie d’une femme sont perçus par autrui.

Visuel issu du compte Instagram Bordel de mères

Ça m’arrive au moins une fois par semaine (quand je crée une nouvelle carte de fidélité à mon épicerie, quand je parle avec un collègue au travail, quand je me présente dans une réunion …) au moment où j’écris ou je dis mon âge et décrit ma situation personnelle (célibataire et fabuleuse* !) je vois toujours les questions dans les yeux de la personne en face de moi. Et si je ne les vois pas, je les entends : ” Pourquoi une fille aussi mignonne que vous n’a toujours pas trouvé un homme ?”, “Ne t’inquiétes pas, tu as encore le temps d’avoir des enfants !”, “Peut-être devriez-vous travailler un peu moins pour avoir plus de temps pour rencontrer des hommes !”  La plupart du temps, ce sont des conseils non sollicités, dans des lieux pas vraiment adaptés (qui a envie de se faire juger à la caisse de son supermarché ?) et qui en plus ne s’appliquent même pas à mes besoins ou à ma situation. J’ai l’habitude de répondre avec un sourire couplé à un hochement de tête, mais parfois je ressens le besoin de dire “ma vérité” : “Merci pour vos aimables paroles Monsieur L’étranger Du Magasin Où Je Fais Mes Courses Une Fois Par Semaine…, mais en fait aussi étrange que cela puisse paraître, je suis une célibataire épanouie, je ne veux pas d’enfants, mon travail me rend très heureuse et je ne veux pas rencontrer d’hommes ! Bonne soirée et à la semaine prochaine !” Boum, prends ça dans ta face ! Je quitte le magasin avec la sensation d’avoir livré une bataille au nom de toutes les femmes et je suis fière de moi. Seulement, parfois la conversation ne se termine pas si facilement. Disons dans ce deuxième scénario, que je parle avec ma nouvelle collègue « Pamela » dans la salle de pause tout en buvant notre café réglementaire de 10h, nous faisons connaissance et elle partage avec moi la joie et l’accomplissement qu’elle ressent en ce lundi matin parce que son fils de trois ans est enfin propre. J’écoute sa description très graphique “du passage au pot” pendant dix minutes (sourire et hochement de tête le retour !) quand soudain elle se rend compte qu’elle parle avec un autre adulte, elle me regarde dans les yeux et demande :

-« Et toi alors ? Tu as des enfants ?

-« En fait, non pas d’enfants pour moi… »

 -« Pas encore… » Elle ressent le besoin d’ajouter ! « Et tu as un chéri ? »

-« Non, pas de petit ami »

-« Ah ok ! » Je sens qu’elle devient mal à l’aise ! « Tu n’as pas encore trouvé Le Bon, tu as le temps pour commencer une famille ! »

-« Eh bien… Tu sais je ne souhaite pas être mère en fait ! »

Elle me regarde à présent comme si une seconde tête était en train de sortir de mon cou et je prends vraiment sur moi pour ne pas dire :

 -« Pourquoi tu me regardes comme ça ? Ce n’est pas moi qui parle de caca et de pot depuis 15 minutes ! »

Au lieu de cela, je la laisse reprendre :

-« Hum… C’est… Ton choix, je suppose ! Mais je parie que tu dis ça maintenant et quand tu rencontreras Le Bon, tu changeras d’avis. Je suis sûre que tu ferais une mère incroyable.»

Donc, la plupart du temps, j’utilise mon célèbre sourire / hochement de tête, j’acquiesce et quitte la pièce. (” C’est pas mon téléphone qui sonne là ? Je vais aller vérifier ! »). Mais voici ce que je voudrais pouvoir vraiment répondre :

Oui, Pamela, j’ai fait le choix de ne pas avoir d’enfants et toi le choix de les avoir. Pourquoi agir comme si mon choix était négatif et le tien si logique ? Peux-tu s’il te plait m’expliquer comment avoir des enfants a fait de toi une meilleure personne que moi ? Pourquoi tu penses qu’il est nécessaire de me plaindre à cause de mon choix ? Comment pouvons-nous mesurer laquelle d’entre nous est la plus épanouie ? Qui est qualifié pour dire ce que je dois faire de mon corps et de ma vie?

Pamela, ma chère, nous ne nous connaissons pas assez, donc j’ai besoin de t’expliquer autre chose. Je n’attends pas Le Bon (d’ailleurs, c’est qui celui là j’en entends parler depuis des années mais il semblerai que moi je rencontre toujours Le Con !) pour savoir quel genre de vie je veux vivre et prendre des décisions au sujet de mon corps. Le fait que je ne veuille pas être mère n’est pas lié à l’amour qu’un homme et moi pourrions partager. Et surtout ce n’est pas un sujet sur lequel ton opinion est requise.

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Mon amour pour les enfants n’est pas non plus un sujet de débat. Je sais que si j’avais choisi d’être mère, j’aurais été incroyable… (enfin j’aurai fait de mon mieux ça c’est sûr!)

La façon dont Pamela ou l’ «étranger du supermarché » réagissent à ma situation, ce n’est pas nouveau pour moi. Comme je l’ai dit dès le début de cet article, la société est faite de cette façon. Heureusement, peu à peu, en affirmant qui elles sont, des femmes du monde entier essaient de changer ces stéréotypes, et je suis on ne peut plus fière de participer à ce changement à mon petit niveau.

Et pour finir et être honnête jusqu’au bout, il y a un troisième scénario qui compense totalement les deux autres. Extrait d’une conversation avec mes grands-parents :

-« Je ne veux pas être mère, et je ne veux pas d’un petit ami est –ce que vous pensez que je suis bizarre ? “

-« Est-ce que tu es heureuse ? “

-« Comme je ne l’ai jamais été auparavant ! »

-« Alors pourquoi tu te poses des questions ? »

Et aussi simplement que ça le fait d’être acceptée, comprise par les gens qui me connaissent et m’aiment ça facilite un peu les conversations au supermarché et dans la salle de pause !  

Marion

Ressources :

*Le titre de cet article est un hommage au spectacle Mother Fucker de Florence Foresti, que je vous conseille de voir ou de revoir.

Ce sujet est bien trop vaste et trop important pour un simple article de blog. La charge maternelle est un sujet qui touche de plus en plus de femmes qu’elles soient mère ou pas. Afin d’approfondir le sujet je vous oriente vers l’article suivant

https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-charge-maternelle-cette-sournoise-pression-qui-touche-toute-la-societe_fr_5e1dd464c5b6da971d1d39e9

Je vous conseille de suivre le compte Instagram de Fiona Schmidt “Bordel de mères” et de lire son livre “Lâchez-nous l’utérus”.

*L’utilisation de l’expression « Célibataire et fabuleuse ! » est une référence directe à “Sex and the City” Saison 2, épisode 4 :” Ils tirent sur les personnes célibataires, n’est-ce pas ? » Date de première diffusion : 27/06/1999 Résumé de l’épisode : Carrie est mortifiée quand une photo de son visage macabre est mise sur la couverture du New York Magazine avec la légende : « Célibataire et fabuleuse? ». Un épisode mythique que je vous conseille vivement. Voir l’article “Sex and the city” dans “Mes partages”.

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If I told you that I’m 32, married with two children and a good job would you have a positive view of my life? Now what if I told you I’m 32, single with no children and a job. I bet the way you see my life is more positive in the first scenario, no? Why is that? Well the first description checks every little box on the list of what is considered a successful, fulfilling life.

We may like to think that society has evolved, that the view on women’s life has changed but let me tell you something: It is not true! We (and by “we” I mean society!) are still living in the early 20’s and expecting women to behave a certain way. Before I dig a little deeper on the subject let me start by telling you that all of the things we expect from women is bullshit! Society wants us to be smart, beautiful, dedicated mothers, involved partners, sexy, fun and of course, forever young!  However, society will not let us define our own version of those words and that pisses me off! The reason I’m so passionate all of the sudden is that I’m not talking about something I’m vaguely familiar with, this article is about my day to day life and the way my lifestyle choices are being perceived by people around me.

It happened to me at least once a week (when I open a new fidelity card at my grocery store, when I talk with a colleague at work, when I introduce myself in a meeting… ) that moment when I write down or I tell my age and my personal situation ( single and fabulous!) I always see the questions in the eyes of the person in front of me. And if I don’t see it, I hear it: “Why such a cute girl like you still hasn’t found a man?”,” Don’t worry honey you still have time to have children!”,” Perhaps you should work a little less to have more time to meet men!” Most of the time these are unsolicited advices, and they don’t even apply to my needs or my situation. I usually respond with a smile and a nod, but sometimes I feel the need to say my truth: ” Thank you for your kind words Miss Stranger From The Store Where I Do My Groceries Once A Week, but actually as strange as it may sound I’m happily single, I don’t want children, my work makes me very happy and I do not want to meet men! Have a nice evening and see you next week!” Boom, Mic Drop! J I leave the store feeling like have fight a battle in the name of all womankind, but sometimes the conversation doesn’t end so easily for me.

Let’s say that in this second scenario I’m talking with a new co-worker “Pamela” on the breakroom while seeping our much-needed coffees, we are getting to know each other and she is sharing with me the joy and fulfilment she is feeling on this grey Monday morning because her three year old is finally clean. I listen to her very graphic description of potty training for 15 minutes (here comes the smile and the nod again!) when suddenly she realises that she is talking with another adult, look me in the eyes and say:

-“What about you? I many child do you have?”

-“Actually I don’t have kids…”

-” Yet…” She feels the need to add! Then asks: “Do you have a boyfriend?”

-“No, No boyfriend”

-“Ahhh okay!” I can feel that she is getting uncomfortable! “Well nowadays woman have children later so when you will find Mister Right you’ll have plenty of time to start a family!”

-” Well… You know the truth is I don’t want to be a mother!”

She is now looking at me as if I’m growing a second head as we speak, I really work on myself not to say:

-” Why are you looking at me like that? I’m not the one who has been talking shit for the last 15 minutes!”

Instead, I let her respond:

-” Hum mm… That’s… Your choice I guess! But I bet you say that now but when you will meet the right guy you will change your mind. I’m sure you will be an amazing mother.”

So, most of the time I use my famous smile/nod, agree and leave. (” Sorry my phone is ringing don’t you hear it? I’m going to check it!”). But here is what I really wish I could respond every time that happened to me:

Yes, Pamela I have made the choice of not having children and you have made the choice to have them. Why do you act as if my choice is negative and yours is so logical? Can you please explain to me how having children has made you a better person than I am? Can you give me one good reason to pity me because of my choice?  How can we measure which one of us is more fulfil? Who is qualified to say what choice is the right one?

Pamela, my dear we do not know each other enough so I need to explain another thing. I am not waiting for Mr Right to know what kind of a life I want to live and to make decision about my body. The fact that I don’t want to be a mother is not related the love a man and I can share. And it is not a subject on which your opinion is required. 

My love for children is not up for debate either. I know that if I had chosen to be a mother I would have been an incredible one… (Well at least I would have done my very best!)

The way Pamela or the “stranger at supermarket” react to my situation is no news to me. As I said from the beginning of this piece, society is wired that way. However, little by little, by assuming who they are, women all over the world are trying to change these stereotypes and I could not be more proud to participate at my little level.

I want to be finish this article by being honest:  there is a third scenario that totally makes up for the two others. Pieces of a conversation once had with my grandparents:

-” I don’t want to be a mother, and don’t want a boyfriend is that ok? “

-” Are you happy? “

-“Like I have never been before!”

-“Then why do you even feel the need to ask if your choices are valid?”

The simple act of acceptance from the people who know me makes it easier to bear the conversation at the supermarket or in the breakroom.

Marion

Resources:

This topic is far too complex and too important for a simple blog post. Maternal care is a subject that affects more and more women whether they are mothers or not. In order to explore the subject I direct you to the following article: https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-charge-maternelle-cette-sournoise-pression-qui-touche-toute-la-societe_fr_5e1dd464c5b6da971d1d39e9, I advise you to follow Fiona Schmidt’s Instagram account “Bordel de mères” and read her book “Lâchez-nous l’utérus”.

The use of the expression “Single and fabulous” is a direct reference to Sex and the City Season 2, episode 4. You should definitely check it:  “They Shoot Single People, Don’t They?” Original airdate: 6/27/1999. Episode summary: Carrie is mortified when a photograph of her grisly face is featured on the cover of New York Magazine with the caption: “Single and Fabulous?”

Marion

Marion

Bienvenue sur le blog lifestyle optimiste "De vous à Ma".
Moi c'est MArion, 32 ans, je vis à Grenoble, je suis hôtesse d'accueil depuis bientôt 3 ans et j'adore mon job. Je partage mon quotidien avec Indi (mon chien) et Kuka (ma chatte). #thesinglelife
Je me passionne pour le fitness, le yoga, la lecture et l'écriture, le make-up, le skin care, la musique, les fringues, et les séries télé entre autre.

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Mélio
Mélio
3 mois il y a

T’as raison faut pas se laisser bouffer par les cons-formistes !

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