Voici la deuxième partie tant attendue de notre premier article d’invité de la semaine dernière. Je vous laisse en compagnie des mots de mon père ( Et je tiens à souligner que les chiens ne font pas des chats !) N’oubliez pas que vous pouvez m’adresser votre texte à devousama@gmail.com.N’hésitez pas à commenter en toute fin de page pour partager votre avis avec Jacques !

Depuis quelques années, je me suis mis à aimer plus qu’avant la solitude avec laquelle j’ai toujours entretenu, même très jeune, une grande affinité. Elle m’a rendu et me rend indépendant et libre et il m’est ainsi devenu impossible de concevoir une existence sans elle. Seul, je ne m’ennuie jamais même si parfois il y a des heures plus lentes, plus pesantes où je me sens un peu triste et un peu vide. Ma solitude m’amène doucement à l’âge où les passions apaisées laissent la place à toutes les possibilités d’expression de l’intelligence, ne les parasitant plus.

Je me rends compte que plus le temps passe en solitaire et moins je  sais fréquenter le monde… Ici, dans mon « ermitage »,  ma solitude ne fait de tort à personne quel que je sois, mais quand je suis « en société » et qu’il me faut employer tout mon soin pour n’être pas trop « sauvage »…. C’est une toute autre histoire! Je deviens de moins en moins fréquentable… et de moins en moins fréquenté, ce dernier constat m’étant d’ailleurs plus confortable que le premier que je déplore un peu, car, malgré tout je ne suis pas devenu misanthrope et j’aime encore de tout mon cœur tous mes frères en humanité. Toutefois je veux être et rester étranger aux circonstances et être le moins proche possible de la société… pas même pour la critiquer ! Je veux apprendre à rester seul pour vivre plus densément et jouir de l’expérience qu’offrent l’isolement et l’éloignement : celle du temps fertile plus épanouissant que les rencontres futiles.

C’est dans la solitude aussi  que je peux fortifier mon corps et mon esprit : seul, je suis l’ami du meilleur de moi-même et je suis aussi  un meilleur ami pour moi-même… J’ai mis tous mes soins à me séparer de la foule et à me distinguer d’elle en cultivant  mes bons côtés et mes bonnes qualités. Je trouve que je « me » suis de bonne compagnie !

Souvent la solitude est involontaire, non choisie, d’ordre social et/ou culturel, intrinsèquement et souvent profondément liées à la déception, à la peine, à la tristesse et au chagrin ; sous cette forme pernicieuse, elle m’afflige terriblement lorsque je la sens ou la vois chez mon prochain car j’en connais le pouvoir destructeur quand elle est installée dans une vie sans son consentement ! Par contre, la vraie solitude, choisie et voulue, est, elle, attachée spirituellement et émotionnellement à l’Amour, et comme telle, oubli et don de soi.

J’aime de plus en plus fort ma solitude, elle m’est un besoin et la condition sine qua none pour que je puisse travailler dans la joie et la créativité ; en société je vais vers la distraction et le dispersement. Cependant je n’aime pas la solitude seule, j’aime la solitude dans le foisonnement de vie du jardin, de l’étang et même de la maison… c’est-à-dire une solitude « peuplée » … d’animaux, de pensées, de dialogues intérieurs (je me parle beaucoup !)… et de mille présences subtiles.

Il est curieux que dans la solitude, plus on devient riche en évènements intérieurs, moins l’on en possède d’extérieurs et moins, des uns comme des autres, l’on arrive à les partager. J’ai l’impression que je m’éloigne de plus en plus de la vie sociale à laquelle je trouve de moins en moins d’attraits. Aussi, je m’efforce d’être dans la solitude non pour uniquement me sentir fort et rayonnant, mais  pour m’oublier et m’ouvrir à autrui.

J’éprouve une sorte de paix et de plénitude à me sentir « avancer » dans la solitude. Accepter la solitude peut-être difficile car de là nait une bonne partie du désir sexuel qui est simplement une tentative inconsciente de combler la sensation de vide qu’elle peut créer ; aussi, je me protège des « excès » de solitude  à travers deux vertus que je cultive de mon mieux (et que les chrétiens ont érigées en pierres angulaires du dogme) : la première, une certaine forme de chasteté (j’ai bien écrit une certaine forme… la chair est faible, hélas !) car le principe de l’amour physique n’est pas toujours, contrairement aux apparences un principe d’union, mais, bien souvent, de séparation et plus on cherche à se rejoindre charnellement, plus on s’éloigne. Le jouisseur sans âme, qui essaie de s’unir à l’objet de sa convoitise autrement qu’en allant chercher à former par la connexion de deux êtres une « âme » plus haute, se lie au principe de rejet et chaque nouveau plaisir l’éloigne un peu plus inexorablement de son amour (et de l’Amour). Une certaine chasteté donc, lutte contre les puissances désagrégeantes en moi et me maintient en « cohérence » corps-esprit.

La seconde, la charité, me pousse loin du reploiement égoïste non pas seulement dans la compassion, mais dans l’Amour. Elle repousse le choix facile de préserver mes  « petits acquis » au nom d’une assurance de confort sur l’avenir, les biens matériels sont absolument, tous sans exception, sans avenir ; le futur appartient à l’esprit et au cœur. Et dans ce monde où la conduite débridée de l’individu a créé une crise de l’indépendance, ma solitude ainsi conçue sous la houlette de ces deux vertus, me permet d’accéder à une forme particulièrement élevée d’indépendance.

En conclusion, reprenant un point développé dans le premier volet, aller vers la solitude ne signifie pas que je fuis le monde (d’ailleurs, j’en fais régulièrement des constats qui me disent que je vais doucement, vers moins de solitude : cet échange n’en est-il pas un, d’ailleurs ?), mais que j‘apprends à y vivre dans le détachement… et ainsi je ne suis plus jamais seul dans ma solitude.

Voilà, à bientôt amie lectrice, ami lecteur. Nouveaux partages, nouvelles émotions…Porte toi bien et sois heureux (seul ou pas).

Une partie des lignes ci-dessus a été inspirée par Knut Hamsun, Gustave Meyrink et Alexandre Dumas père. Merci à leur génie.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Daddy.jpg.

Jacques dit MPH

Marion

Marion

Bienvenue sur le blog lifestyle optimiste "De vous à Ma".
Moi c'est MArion, 32 ans, je vis à Grenoble, je suis hôtesse d'accueil depuis bientôt 3 ans et j'adore mon job. Je partage mon quotidien avec Indi (mon chien) et Kuka (ma chatte). #thesinglelife
Je me passionne pour le fitness, le yoga, la lecture et l'écriture, le make-up, le skin care, la musique, les fringues, et les séries télé entre autre.

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